Mélenchon mange des enfants au petit déjeuner (Mélenchon eats children at breakfast)


(Et il aime éviscérer des chatons pour se distraire.)

On se souvient de l’affaire Siné qui déchira Charlie Hebdo en été 2008. Le caricaturiste irrévérencieux s’attira les foudres de son directeur de la publication, Philippe Val, pour les propos suivants : « Jean Sarkozy, digne fils de son paternel et déjà conseiller général de l’UMP, est sorti presque sous les applaudissements de son procès en correctionnelle pour délit de fuite en scooter. Le Parquet a même demandé sa relaxe ! Il faut dire que le plaignant est arabe ! Ce n’est pas tout : il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d’épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit ! » Immédiatement taxé d’antisémitisme et évincé du journal, Siné fut en sus poursuivi pour « incitation à la haine raciale ». Dans la chronique mise en cause, il se contentait pourtant manifestement de dénoncer l’opportunisme du fils Sarkozy, ce que le tribunal finit par reconnaître en février 2009. En outre, Charlie Hebdo fut condamné, en 2012, à verser 90000 euros de dommages et intérêts au dessinateur.

Il faut dire que l’accusation d’antisémitisme, lorsqu’elle est infondée, est une des pires qui soit. Gluante, déshonorante, particulièrement douloureuse. C’est maintenant Jean-Luc Mélenchon qui en fait les frais, pour des dires ne prêtant pourtant pas le moins du monde à ambiguïté (contrairement, à la rigueur et en cherchant bien, à ceux de Siné) malgré l’emballement médiatique à ce sujet.

Emballement ô combien téléguidé ! Tout part d’une dépêche de l’AFP, que personne alors n’a jugé bon de vérifier, selon laquelle Mélenchon aurait déclaré ce week-end à propos du ministre Moscovici : « quelqu’un qui ne pense pas français, qui pense finance internationale ». Antisémitisme ! s’écrièrent d’une seule voix exagérément outrée les « journalistes » Quatremer, Aphatie et les cadres du PS. Pour ma part, à l’instar de Mélenchon et de millions de français, j’ignorais que, comme nous l’apprirent bien des chroniqueurs, Moscovici avait des « origines juives ». D’ailleurs, depuis quand quelqu’un a-t-il des « origines juives » ? Les arabes ont-ils des « origines musulmanes » ? Les français des « origines catholiques » ? Quoi qu’il en soit, cette citation était fausse. Tronquée. Manipulée. En vérité, ainsi que le révéla un enregistrement du site Politis, Mélenchon avait déclaré : « quelqu’un qui ne pense plus en français, mais dans la langue de la finance internationale. » Dès lors, certains présentèrent de vagues excuses. Mais surtout pas Aphatie et le PS, évidemment. L’occasion était trop belle de souiller durablement l’homme et ses militants, ils n’allaient pas s’en priver. On notera d’ailleurs que les rares à s’être excusés ne manquèrent pas d’ajouter en substance : « Mais tout de même, Mélenchon est méchant, alors bon… »

48 heures plus tard, quels enseignements peut-on tirer de cette polémique grotesque reprise en boucle par tous les médias, toutes les bouches haineuses du vacillant Parti Solférinien ?

1/ Ce sont les premiers à avoir accusé Mélenchon de l’amalgame Juif = Finance Internationale qui, en vérité, ont commis le dit amalgame. C’est ballot. Le soupçon d’antisémitisme se retourne donc tout naturellement contre eux, d’où les quelques excuses embarrassées.

2/ Ni les donneurs de leçon du Parti Solférinien, ni les chroniqueurs en vogue n’ont jugé bon de vérifier la dépêche de l’AFP. Pis : ils ont volontairement monté la mayonnaise. Cela prouve que tout est bon pour casser du Mélenchon, y compris les rumeurs. La rigueur intellectuelle du Parti Social-traître et la sacro-sainte déontologie journalistique de leurs petits copains en prennent donc un rude coup.

3/ Cette accusation odieuse, qui relève de la diffamation, s’ajoute à la longue liste des hoax propagés par l’extrême droite depuis Hénin-Beaumont, racontars dans lesquels on apprend que Mélenchon possède plusieurs voitures (alors qu’il n’a même pas le permis, mais l’extrême droite fait fi de toute logique…), cumule plusieurs salaires qu’il ne perçoit en réalité plus depuis des années, etc. Traiter Mélenchon d’antisémite ne manque au final pas de rappeler le fameux tract élaboré par l’extrême droite, dans lequel le co-président du Parti de Gauche apparaissait travesti en Hitler devant le camp d’Auschwitz. Les accusations des médias et du PS s’inscrivent dans ce stupide état d’esprit. On voit bien vers quel parti prétendument antisystème penchent nos chères élites : cette bonne vieille entreprise familiale FN qui assure, en servant d’épouvantail, le bon fonctionnement du bipartisme antidémocratique en France.

Le discours de Jean-Luc Mélenchon s’est certes radicalisé. Dans le bon sens, ajouterons-nous subjectivement. Or, pendant ce temps, tout le monde a pu constater objectivement que le logos des élites médiatiques et « socialistes » s’était extrême-droitisé : calomnie facile, amalgames douteux, caricatures nauséabondes… Le PS et les médias n’en finissent pas de nourrir l’extrême droite comme on nourrit bêtement un troll. Marion Anne Le Pen peut bien danser avec des néo-nazis à Vienne, Mélenchon est le méchant, le vilain ogre qu’il faut dézinguer quitte à reprendre en boucle l’argumentaire infâme de la susmentionnée. À ceci près que la politique, c’est la vraie vie. Et que le retour de bâton peut leur faire très mal.

Source lien dossier : agoravox

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